L’excuse de la migraine étant dépassée depuis
l’invention de
l’aspirine (1899), il est temps de changer de répertoire.
Aujourd’hui, l’esquive dusexe est devenu un
art
il y a des solitudes là aussi !
ou une colère de homme rejeté.
Autant dire que le manque de subtilité face à son
partenaire,
par exemple en accueillant son érection par un simple
«
j’ai sommeil » ou « j’ai pas envie » serait
d’une inélégance
totale. Votre mec mérite mieux que ça.
Voici d'autres idée mesdames :
1. ON FAIT UN STREET FIGHTER ?

C’est ma préférée. Je l’utilise contre
mon copain qui l’utilise aussi
contre moi, du coup, on ne fait jamais lamour. Par contre avec
Chun
Li, on tabasse sévère. A noter que ça marche avec
n’importe quel jeu
vidéo. Vous saviez que les premiers Atari ont été sponsorisés
par les
lobbys pro-abstinence ? Y’a pas de hasard.
2. FAUT QU’ON PARLE.
C’est un peu l’arme de destruction massive antiérection.
Peu importe
ce que vous ajouterez ensuite, ces trois syllabes viennent à bout
du
mec le plus motivé. La perspective d’une prise de tête
est
scientifiquement incompatible avec une libido.

3. JE FINIS JUSTE MON CHAPITRE.
Une envie desexe, c’est passager. Pourvu que votre prétendu
chapitre
dure plus de trois pages, votre copain sera passé à autre
chose. En
plus, se voir préférer Twilight à la position de
la loutre sur le
lotus, ça vous rappelle tout de suite le sens des priorités.
4. MES RÈGLES SONT EN RETARD, J’AI DÛ M’EMBROUILLER
DANS MA PILULE.
C’est un classique mais c’est toujours efficace. Le mâle,
rappelé à
ses responsabilités et au contrôle de ses spermatozoïdes,
le cerveau
empli de visions cauchemardesques de couches-culottes et de mercredi
après-midis perdus, se mettra à gamberger pendant deux heures.
Or dans
deux heures, vous, vous dormirez comme un loir.
5. JE CROIS QUE J’AI UNE PETITE INFECTION.
Vous dites « petite infection », l’homme comprend « machin
douloureux,
durable, peut-être pourvu de dents ». Expliquez que ça
gratouille, ou
que ça fait un peu mal. Si l’envie vous prend, quelques instants
plus
tard, de finalement vous jeter sur votre copain, dites simplement que
c’était votre culotte qui vous avait irritée. Les
garçons ne posent
jamais de questions.
6. JE ME SENS PAS BELLE.
Un peu de victimisation gratuite, ça sonne toujours vrai. Commencez à
vous plaindre de votre cellulite : non seulement c’est à mourir
d’ennui mais ça énerve.
On appelle ça, en langage
technique, le double
impact.

7. TA MÈRE A APPELÉ.
Ou pire, si vraiment vous êtes méchante : « au fait,
ta mère a appelé.
»
Ce « au fait » devrait totalement perturber le mâle.
En langage
technique ? Blam, dommage collatéral.
8. ÉCOUTE, C’EST PAS LE MOMENT.
A prononcer avec un regard lourd de sous-entendus. Inutile d’ajouter
quoi que ce soit. Si vous ne savez pas pourquoi c’est pas le moment,
lui, il le sait (chaussettes abandonnées, vaisselle pas faite,
amante
dans le placard, etc). Un couple qui tient est un couple qui sait
jouer sur la ligne étroite entre amour et terreur.


9. J’AI PAS ENVIE DE FAIRE ÇA BÊTEMENT.
Inventez un super fantasme irréalisable dans la minute, nécessitant
une bonne semaine de préparation. Non seulement vous esquivez,
mais
vous donnez du grain à moudre à un copain totalement ravi.
En plus,
dans une semaine, vous ferez l’amour pas bêtement. Ce qui
est
chouette. Au pire, une semaine pour inventer une nouvelle excuse, ou
déménager, c’est un délai idéal.
10. PROUT.
Bah oui. Ce n’est pas une phrase mais ça casse quand même
bien
l’ambiance et, après tout, on aurait tort de se priver des
classiques
inspirés de la cuisine mexicaine. Pois chiches à midi, haricots
le
soir, et vous pourrez dégainer votre arme à volonté :
munitions
illimitées !
Certaines demanderont peut-être, pourquoi ruiner une ambiancesexe
?
Les réponses sont multiples. Parce qu’on peut. Parce qu’on
veut. Parce
que sans grands moments de vide sexuel, pas d’extase possible. En
ces
temps de jouissance obligatoire et téléguidée, ça
fait du bien de se
poser trois minutes. Avec un bouquin et une aspirine, par exemple.
